Données essentielles
| Noms de la langue | en alsacien | Elsassisch, Elsasserditsch, Ditsch |
| en italien | Alsaziano, Tedesco-alsaziano, Tedesco |
| en anglais | Alsatian, German-Alsatian, German |
| en français | alsacien, allemand-alsacien, allemand |
| Codifications | ISO 639-1 | |
| ISO 639-2 | gsw |
| ISO 639-3 et code SIL | gsw |
| Famille linguistique | indo-européenne |
| Groupe linguistique | germanique |
| Sous-groupe linguistique | haut-allemand (moyen-allemand et allemand supérieur) |
| Alphabet | latin |
| Graphie | Depuis 2003, il existe une Charte de la graphie harmonisée des parlers alsaciens (Système GRAPHAL/GERIPA). Il s’agit de recommandations pour optimiser l’écriture et la lecture des variantes dialectales. |
| Normalisation | Pas de standard alsacien. Le standard, c’est l’allemand. |
| Origine | Dialectes alémaniques et franciques issus du haut-allemand (moyen-allemand et allemand supérieur), lui-même issu du germanique de l’Ouest, et établis dans la région depuis le Ve siècle au-moins. |
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| Attestations historiques | En 580, Grégoire de Tours mentionne que Strateburg (anc. Argentoratum) est passé en Germanie. |
| Territoire historique | L’ensemble de la région Alsace, à l’exception de quelques vallées vosgiennes et de quelques communes proches de la Franche-Comté. |
| Nombre de locuteurs sur le territoire | Selon des statistiques de l’INSEE (recensement), il y avait en 1999 environ 500 000 locuteurs en dialectes et 208 000 en allemand standard. |
| Usage quotidien | Selon l’enquête de l’INSEE, 1999, « L’alsacien est nettement moins parlé dans les trois grandes agglomérations (Strasbourg, Colmar et Mulhouse), avec moins d’un tiers des adultes […] À l’opposé, la pratique du dialecte reste la plus forte dans le nord du Bas-Rhin, avec plus de la moitié des adultes en moyenne pour l’ensemble des zones d’emploi de Saverne-Sarre-Union, Wissem- bourg et Haguenau-Niederbronn».
Il reste environ 1 à 2 % d’enfants dialecto-germanophones dans les petites sections des maternelles en 2008. |
| Usage occasionnel | D’après le sondage DNA/ISERCO de 2001, les habitudes de pratique sont les suivantes :
- 96 % des personnes interrogées pratiquent le dialecte en famille ;
- 88 % le pratiquent avec certains amis ;
- 48 % le pratiquent dans le milieu professionnel.
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| Statut | Pas de statut, en l’occurrence pas de loi, seules des circulaires rectorales ou des conventions État-Région traitent de l’organisation notamment de l’enseignement de la langue, en particulier celui de l’allemand standard.
Les textes qui ont joué un rôle important dans ce domaine sont deux circulaires du recteur de Strasbourg Pierre Deyon :
- “Parce que son histoire, ses parlers, sa position frontalière marquent fortement la personnalité de l’Alsace, parce que l’alsacien que parle la majorité des habitants de cette région a pour expression écrite une langue de culture et de diffusion internationales : l’allemand, il importe d’envisager ici tous les aspects linguistiques et culturels de ce programme académique” (9 juin 1982).
- “Le dialecte alsacie, dans ses multiples variantes, est l’expression d’une culture régionale ; il est également un tremplin vers l’allemand, sa langue de référence, qui est enseignée en Alsace à l’école élémentaire” (7 janvier 1987).
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| Enseignement de la langue | Au primaire (système extensif) un enseignement de l’allemand à raison de 1 à 3 h/semaine est, en principe, proposé à l’ensemble des élèves à partir de l’école maternelle.
Il n’y a pas d’enseignement des dialectes. |
| Enseignement dans la langue | Sites bilingues paritaires français-allemand en 2008 : en primaire (système intensif) environ 16 000 élèves soit 8,5 % de l’ensemble, au collège environ 2 400 élèves. En lycée environ 750 élèves sont en filière ABIBAC (Baccalauréat-Abitur).
Il existe des écoles associatives ABCM Zweisprachigkeit qui offrent également un enseignement bilingue paritaire et qui réservent aussi une place aux dialectes. |
| Usage public et médias | France 3 Alsace propose une émission quotidienne d’information en allemand dialectal alsacien à raison de 7 min et une émission hebdomadaire d’une heure environ.
France bleue Alsace (et non pas Elsass) en Modulation de fréquence ne propose pas d’émissions en dialectes, par contre France bleue Elsass en Modulation d’amplitude propose des émissions dialectales de 7 h 00 à 12 h 30 (avec une rediffusion des programmes du matin de 14 h à 17 h). |
| Communautés hors du territoire | Il existe une importante diaspora alsacienne et des associations d’Alsaciens répartis sur les quatre continents. |
| Nombre de locuteurs hors du territoire | Environ 100 000 |
Enregistrements sonores
Texte extrait du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966) des Nations unies :
„ ‘S Gesetz muess in àlle Persone de salb un wirksàm Schutz vor jeder Diskriminierung bsonders von de Ràss, von de Fàrb, vom Gschlacht, von de Spròch, von de Religion, von de politisch Meinung garàntiere […]“
„In de Stààte, wo ’s ethnischi, religiösi oder spròchlischi Minderheide gibt, kenne in d’Persone, wo ze dara Minderheide khere, ’s Racht nit genomme bekòmme, gemeinsam mit de àndere Mitglieder von ihre Grùpp, ihres eigenes kulturelles Lawe ze hà, ihri eigeni Religion ze unterrichte und ze praktiziere oder ihri eigeni Spròch ze benùtze.“ (Auszug des internationalen Paktes betreffend die zivilen und politischen Rechte (1966) der Vereinten Nationen)
« La loi doit garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique […]
« Dans les États où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d’avoir en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d’employer leur propre langue » (extrait du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966) des Nations unies)
D’r Hans im Schnòckeloch
Littéralement : Le Jean dans le trou à moustique, en fait c’est le nom d’un vieux restaurant, c’est aussi une appellation quelque peu péjorative de l’Alsace, un pays d’eau, où il y a beaucoup de moustiques.
D’r Hans im Schnòckeloch hät àlles, wàs er will !
Un wàs er hät, dess will er nit,
Un wàs er will, dess hät er nit.
D’r Hans im Schnòckeloch hät àlles, wàs er will !
D’r Hans im Schnòckeloch sajt àlles, wàs er will !
Wàs er sajt, dess dankt er nit,
Un wàs er dankt, dess sajt er nit,
D’r Hans im Schnòckeloch sajt àlles, wàs er will !
D’r Hans im Schnòckeloch màcht àlles, wàs er will !
Wàs er màcht, dess soll er nit,
Un wàs er soll, dess màcht er nit.
D’r Hans im Schnòckeloch màcht àlles, wàs er will !
D’r Hans im Schnòckeloch geht ànne, wo er will !
Wo er isch, dò bliebt er nit,
Un wo er bliebt, dò gfàllts im nit.
D’r Hans im Schnòckeloch geht ànne, wo er will !
Jetzt het d’r Hans sò sàtt
Un isch vom Eland màtt.
Lawe, majnt er, kànn er nit,
Un sterwe, sajt er, will er nit.
Er springt züem Fenschter nüss,
Un kommt ins Nàrrehüss.
Le Hans im Schnockeloch a tout ce qu’il veut
Ce qu’il a, il ne le veut pas
Et ce qu’il veut, il ne l’a pas
Le Hans im Schnockeloch a tout ce qu’il veut
Le Hans im Schnockeloch dit tout ce qu’il veut
Ce qu’il dit, il ne le pense pas
Et ce qu’il pense, il ne le dit pas
Le Hans im Schnockeloch dit tout ce qu’il veut
Le Hans im Schnockeloch fait tout ce qu’il veut
Ce qu’il fait, il ne le devrait pas
Et ce qu’il devrait, il ne le fait pas
Le Hans im Schnockeloch fait tout ce qu’il veut
Le Hans im Schnockeloch va
où il veut
Où il est, il ne reste pas
Et où il reste, cela ne lui plaît pas
Le Hans im Schnockeloch va
où il veut
Maintenant il n’en peut plus
Et épuise par le désespoir
Vivre, pense-t-il, il ne peut pas
Et mourir, dit-il, il ne veut pas
Il saute de la fenêtre
Et est interné à la maison des fous.